La Garrigue

Le terme garrigue vient de la racine pré-indoeuropéenne "garigou": kar (ou gar, kal, gal), qui signifie « pierre » ou « rocher », et par extension « abri de pierre, maison, forteresse, village ». Cette racine a donné les mots guarric en celte et garric en occitan, c'est-à-dire « l'arbre du rocher », terme qui désigne le chêne vert. Les mots Gard, Carcassonne, karst, calanque, chalet, clapier, crau, grave, en dérivent également.

Cette formation, qui s'établit dans les massifs calcaires en terrain sec et filtrant, résulte en général de la dégradation de la forêt de chênes verts, qui passe progressivement à des peuplements de pins d'Alep, puis à la garrigue.

La garrigue est une formation végétale plus ou moins ouverte, composée en grande partie d'arbustes, d'arbrisseaux et de sous-arbrisseaux, résultant de la régression de la forêt méditerranéenne, le plus souvent par incendie ou surpâturage, sur sol généralement non acide. (Définition d'après le vocabulaire de typologie des stations forestières édité par l'Institut pour le Développement Forestier - 1985).

En France, elle occupe environ 400 000 hectares, principalement en Provence et dans le Languedoc.

La garrigue et l'homme, une histoire intimement liée

Typique des régions méditerranéennes, cette végétation façonnée par le feu, le surpâturage et l'activité humaine a du s'adapter aux importants contrastes saisonniers. La garrigue est une formation ouverte et buissonnante, maigre et clairsemée, où l'on retrouve plus de 700 essences différentes avec une prédominance de chênes, pins, cistes, genêts, arbousiers, lentisques, chèvrefeuille, romarin, salsepareille, thym...

Depuis des millénaires, l'homme a marqué de son empreinte cette nature méditerranéenne : des paysans ont défriché, arraché les pierres du sol, construit des murets de pierres sèches, cultivé le blé ou l’olivier, exploité le chêne vert, fait paître des troupeaux de brebis.

A chaque saison, la garrigue vous émerveille : au printemps, des fleurs surgissent de toutes parts dans une explosion multicolore ; en été, sous un soleil de plomb, elle devient le domaine des insectes ou résonne un concert orchestré par les cigales stridulantes ; en automne et en hiver, elle sait garder toute sa plénitude en conservant sa parure verte. C'est souvent après de fortes pluies qu'elle exhale abondamment ses odeurs parfumées. Si la flore, par sa beauté et son charme, constitue la richesse de la garrigue, elle abrite aussi une variété de mammifères, grands et petits, un grand nombre de reptiles, une multitude d'oiseaux et une collection d'insectes qui occupent discrètement les lieux.

A l'opposé de la garrigue, le maquis s'installe sur des terrains siliceux principalement et de nombreuses espèces buissonnantes forment souvent une végétation "fermée". Le "bartas" comme on dit en Languedoc, exprime bien cette idée de broussailles épaisses et impénétrables, de ronces buissonnantes, véritable rempart naturel).

Si l'essentiel est invisible, sachons nous émerveiller devant cette nature apparemment pauvre mais à la beauté insoupçonnée. Protégeons-la et espérons que l'œuvre de Prométhée ne réduira pas en cendres cette forêt méditerranéenne lors d' étés surchauffés.